La diversité et l’omniprésence des religions en Inde est un des traits caractéristiques de la culture indienne, puisqu’on n’y rencontre pas moins de huit communautés religieuses…

 

En vérité, mes Pères, il y a bien de la différence entre rire de la religion et rire de ceux qui la profanent par leurs opinions extravagantes. Ce serait une impiété de manquer de respect pour les vérités que l’esprit de Dieu a révélées : mais ce serait une autre impiété de manquer de mépris pour les faussetés que l’esprit de l’homme leur oppose.

Blaise Pascal (1623-1662)

Les Provinciales, onzième lettre

Diversité et similitudes des religions en Inde

La diversité des religions en Inde est un des traits caractéristiques de la culture indienne, puisqu’on n’y rencontre pas moins de huit communautés religieuses : hindouisme, islam, christianisme, sikhisme, bouddhisme, jaïnisme, zoroastrisme, judaïsme, sans compter les sectes qui s’y rattachent peu ou prou, en particulier dans les zones tribales

J’ai relevé des similitudes très intéressantes entre certains rites et principes religieux. Ainsi la Trimurti les trois grands dieux de rang égal : Brahma, Vishnou, Shiva.

Ou bien encore l’étrange « communion » à laquelle j’ai assisté à Madikeri, dans le Coorg au Karnataka, lors de la célébration de Mahashivaratri.

A noter que Brahma, bien que très respecté et vénéré, est un peu laissé dans l’ombre par les Hindous. Je dirais même qu’il est quasiment ignoré. Il n’intervient pas dans la vie et les affaires des fidèles et seulement de très rares fois dans celles des dieux. Très peu de temples à travers l’immensité de l’Inde lui sont entièrement dédiés.

Toutefois, les Indiens, qu’ils soient chrétiens, musulmans, hindous, jains ou sikhs se réfèrent toujours à Dieu – God, disent-ils – un Dieu suprême au dessus de tout, quand il s’agit d’exprimer une volonté divine suprême.

Un autre comportement intéressant que j’ai pu observer c’est la présence de représentations religieuses hindoue, chrétienne, musulmane – un Sacré-Cœur de Jésus, la Kaaba de la Mecque, et un dieu hindou – dans des boutiques, des restaurants ou des bus… Et même j’en ai vu quelques fois sur des autels privés à l’intérieur de maisons particulières.

Il n’est pas rare non plus que des Indiens hindous ou musulmans entrent prier dans une église.

Pendant des siècles le nom de famille, en Inde, renseignait sur la caste, la religion, l’Etat ou la région d’origine. – Oui, tout ça ! Ainsi étiez-vous l’objet d’une attention particulière ou d’un rejet, à moins que l’on vous considérât par obligation, par simple politesse conventionnelle. Cela n’est plus tout à fait exact de nos jours, car l’attribution d’un nom n’est plus aussi déterminée/déterminante qu’autrefois.

Omniprésence de la religion en Inde

La religion fait partie de la vie d’un Indien de façon, je dirais, systématique et presque obligatoire. Et les athées et agnostiques y sont rarissimes. Il est absolument impensable pour un Indien qu’on ne puisse pas appartenir à une communauté religieuse. D’ailleurs, lors de la demande de visa, on vous demande d’indiquer votre religion.

 Bien que le système des castes soit aboli depuis l’indépendance, sa notion perdure et s’affirme dans la vie quotidienne d’un Indien.

Dans le passé, la conversion à une autre religion qui ne pratiquait pas le système des castes, permettait d’y échapper. Cela se pratique encore de nos jours.
Et votre religion peut donner des pistes sur « qui vous êtes », si l’on peut (doit) vous fréquenter ou, au contraire, vous ignorer.
Partout, l’on vous demande votre nom avant d’engager tout échange verbal. A commencer par les enfants qui vous assaillent dans vos pérégrinations. Cela indique à quel point ils sont « formatés » pour vous identifier selon leurs normes propres et leur propre appartenance à une classe  religieuse et sociale.

A propos, ne commettez plus l’erreur grossière d’appeler « hindou » un habitant de l’Inde. Ce dernier est un Indien alors que hindou désigne une personne qui pratique la religion hindouiste.