Mon premier grand départ, lorsque j’ai « retrouvé » la Guadeloupe que j’avais fuie trente quatre ans auparavant. Puis j’ai découvert l’Inde et j’en suis tombé follement amoureux…

Il est imprudent de noter ici ses premières impressions, telles qu’on les a; mais, puisqu’on les a, pourquoi ne pas les noter ? Un voyageur doit se traiter comme un thermomètre, et, à tort ou à raison, c’est ce que je ferai demain comme aujourd’hui.

Hippolyte Taine

Voyage en Italie

Ceux qui ont déjà lu certaines pages de mes aventures et mésaventures en Inde, ont constaté que, comme un thermomètre, en effet, mes états d’âme peuvent grimper très haut ou descendre bien au dessous de zéro, sans avoir jamais été cependant un «fou de l’Inde»

Vous m’avez lu complètement enflammé d’enthousiasme ou au contraire plongé dans la plus grande amertume. Certaines fois j’étais même prêt à amputer mes séjours pour rentrer au plus tôt. Heureusement que je ne l’ai jamais fait, car à chaque fois, quelques jours plus tard, je découvrais des paysages, des situations, des personnes, qui emportaient bien loin mon désespoir.

Puis je me suis remarié, très vite, trop vite, – erreur fatale – avec la même femme dont je venais de divorcer quelques mois auparavant.  Et je suis retombé dans ma petite vie tranquille de prof peinard et de père de famille modèle pendant quelques années.

Lorsque j’étais jeune, j’étais très différent de ce que je suis maintenant. J’ai longtemps mené une vie sédentaire sans trop d’originalité, tout au moins en ce qui concernait mes vacances. Je mets à part l’été 1972 où je venais à la fois de divorcer et de décider, du jour au lendemain, de cesser de fumer. Deux raisons de me prendre en main et d’aller de l’avant pour ne pas m’engluer dans des sentiments négatifs et des regrets.

coucher de soleil à l'anse à la barque

Mais un peu plus tard, grâce à la psychanalyse, ma vie a littéralement explosé pour mon plus grand épanouissement. Cependant, j’ai embrassé successivement deux carrières qui m’ont contraint à travailler à longueur d’année sans aucunes vacances. Je mettais ces temps “libres” à profit dans des buts professionnels et donc, il n’était pas question de voyager.

Mon premier grand départ date de 2003, lorsque j’ai « retrouvé » (dans tous les sens du terme) la Guadeloupe que j’avais fuie trente quatre ans auparavant.

A partir de là je n’ai cessé d’effectuer de lointaines escapades à travers terres et océans.

Le sillage d'un gros porte container est si fascinant qu'il cause une sorte de vertige provoquant presque une impulsion à s'y précipiter.