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 Un appel téléphonique me ramène à Matt… Je l’avais oublié… Lui pas… Je me suis laissé prendre au charme du gentil Matt…

Un appel téléphonique providentiel

Un appel téléphonique me ramène à Matt.

A ma grande honte, je m’aperçois qu’au fil des jours passés en la compagnie de Sophie, je l’avais complètement oublié. Je pense que je ne suis pas le seul à qui il arrive de faire ces rencontres de voyage exceptionnelles. On se trouve en totale harmonie avec une personne rencontrée par hasard. On s’y attache. On se sent bien en sa compagnie. Parfois même cela va un peu plus loin et l’on finit par passer la nuit ensemble.

Après des étreintes passionnées la nuit, et des découvertes fabuleuses du pays, de la ville, que nous parcourons ensemble, on n’a plus envie de se quitter. On bâtit des châteaux en Espagne. Puis chacun doit regagner son pays, sa ville, son travail, sa famille, ses amis, autant de facteurs pernicieux qui font que l’esprit est occupé. On s’écrit des lettres ou – de nos jours – des e-mails enflammés. Il faut qu’on se revoie, il faut qu’on se retrouve… Je viendrai te voir, tu viendras me voir. Je n’ai jamais rencontré quelqu’un avec qui je me sente si en osmose…

Le temps qui passe

Mais le temps qui passe ne dit rien. Il attend son heure, il attend dans l’ombre, il rigole, le temps qui passe. Il sait que tôt ou tard il va gagner sur notre enthousiasme. Il nous surveille du coin de l’œil, il guette et il observe les premiers signes de son œuvre : Tiens, je n’ai pas pensé à Elle, je n’ai pas pensé à Lui ce matin en me réveillant. J’ai passé du bon temps ce week-end avec Pierre, Jean, Jacques, ou Gauthier, avec Julie, Sabine ou Clémentine… Tiens, mais, au fait, Elle (Lui) ne m’a pas écrit depuis deux jours ou trois… Insidieusement les liens se distendent un peu plus chaque jour… Et puis le quotidien reprend ses droits et la belle rencontre de voyage se fond peu à peu dans la brume de la nuit du temps qui passe. Sans bruit et sans souffrance… En tous cas pour Celui ou Celle qui a lâché le bout du fil qui les réunissaient pourtant si fortement.

Mais ce matin Matt m’appelle. Quelle surprise ! Je me sens un peu idiot, je bafouille… Je n’ose pas lui lâcher tout à trac :

– Oh, c’est toi ? Je t’avais oublié…

Je l’avais oublié. Lui, pas

Je le sens surpris par la fraîcheur de ma voix. Ce n’est pas de la froideur, non, juste de la fraîcheur car je suis surpris non seulement par son appel mais surpris de m’apercevoir tout à coup que je l’avais totalement oublié. Lui, non. Je l’entends moi aussi à sa voix embarrassée par le manque de réciprocité dans le plaisir de nous parler à nouveau :

– Je suis resté silencieux pendant ces trois semaines car je savais que ton amie était avec toi. Je ne voulais pas vous déranger. Je me souvenais qu’elle était là pour trois semaines…

 Il sait bien compter. Sabine est partie hier soir et déjà il appelle ce matin…

Je pensais qu’il m’avait oublié tout comme moi et que je n’en entendrais plus parler. Je comprends qu’il s’agissait de tact et de discrétion.

Trois semaines seulement et je l’avais oublié. Lui, pas.

Les Français sont inconstants, les Indiens sont fidèles

Je vais m’apercevoir au fil des années que les Indiens ne fonctionnent pas comme nous. « Loin des yeux, loin du cœur » c’est pas pour les Indiens ! Les Indiens sont capables de vous garder leur amitié et leur affection, pendant des années, pendant toute une vie, même. Alors que vous êtes à des milliers de kilomètres, que – très probablement -, vous ne vous reverrez plus jamais…

Les Français sont inconstants dans leurs amitiés, leur affection, leurs amours. Les Indiens restent fidèles.

 

Mais, je m’égare…

Je me suis laissé prendre au charme du gentil Matt

A compter de ce jour Matt m’envoie des e-mails chaque jour, me vantant les merveilles de sa région et notamment le rituel du Theyyam.

Je suis sûr que tu vas adorer, et j’ai tellement envie de te revoir… Et aussi hâte d’entendre la suite du récit de tes voyages interrompu par notre séparation.

 

Je me suis laissé prendre au charme, – au piège ? – du gentil Matt… Me voici arrivé à Kannur.

 

J’étais sceptique, mais je suis conquis. Certains pourraient ne pas aimer cette ville, qui n’est pas une station touristique, mais moi j’adore. Tout le charme indien, mais propre. Propre au sens indien du terme. Tout est relatif. Moderne, elle foisonne de super-marchés de tailles raisonnables, où l’on trouve tout, sans étrangler pour autant les petites boutiques traditionnelles, si typiques de l’Inde.

Payyambalam beach, la plage de Kannur

Une ville réellement indienne qui n’est pas dénaturée par l’atmosphère touristique.

La perle de Kannur, c’est sa plage de sable doré ourlant la mer d’Arabie, longue de cinq kilomètres, et… déserte. Bordée de cocotiers, mais hélas ils poussent sur des terrains privés de l’autre côté de la route qui longe le rivage, en sorte qu’il n’y a pas un seul espace ombragé. Les habitants, grégaires, viennent tous s’agglutiner à l’entrée de la plage et en délaissent la continuité au-delà de 30 mètres… Ils arrivent par familles entières à partir de 17h30. A 18h30 on atteint le maximum de visiteurs. Ce sont seulement des visiteurs. Ils ne se baignent pas. Quelques enfants et adolescents s’y risquent mais restent habillés. Si quelques très rares femmes viennent les rejoindre dans leurs ébats, elles gardent leur sari. C’est pour moi, Français, un spectacle étrange. Et à 19h30 ils sont déjà tous repartis et la plage se trouve à nouveau déserte et… dangereuse… A cause des chiens errants. S’ils sont totalement pacifiques, presque toujours endormis en journée, la nuit la plage est leur domaine qu’ils défendent agressivement par des aboiements dissuasifs et des grondements inquiétants.

Malgré ses occupations dans sa propriété, Matt est venu passer deux jours avec moi à Kannur.

Nous restons de longues heures à nous baigner. Matt est une exception. Il adore se baigner et nage comme un poisson. Mais si belle que soit Payyambalam beach, de gros rouleaux parfois assez violents vous font tomber et le courant vous entraîne… Nous privilégions de longues balades sur le sable dans les deux sens. Dix kilomètres. Comme les autres, nous quittons la plage dès la tombée de la nuit pour regagner ma chambre d’hôtel dans un cadre magnifique, « les pieds dans l’eau ».

Ce qui intéresse Matt, ce sont mes photos

Ce qui intéresse Matt c’est de voir à nouveau les photos de mes voyages et d’entendre à nouveaux mes récits. Je ne peux m’empêcher de lui dire :

– J’ai l’impression que tu es plus venu pour voir les photos de mes voyages, que pour passer du temps avec moi.

Il éclate de rire, mais répond :

– C’est presque vrai. J’avais hâte de revoir tes photos. Tu sais, nous les Indiens, nous ne voyageons pas beaucoup.

(Ils se sont rattrapés depuis toutes ces dernières années. Les touristes indiens sont désormais partout et pas toujours pour le bien des lieux visités car ils ne sont pas respectueux de l’environnement.)

Et il poursuit :

– A part quelques séjours à Bangalore quand j’étais jeune homme, et un peu au Penjab où j’ai travaillé quelques années, je ne suis jamais sorti du Kérala. Et même il y a de nombreuses places où je ne suis jamais allé. Alors en regardant tes photos tu me fais voyager, je découvre mon pays par tes photos et tes récits.

 

J’entendrai ces mêmes propos au cours de toutes mes années passées en Inde, dans la bouche de très nombreux Indiens :

– Tu n’as pas des photos des endroits que tu as visités ? Tu peux me les montrer ? Tu connais l’Inde plus et mieux que moi-même qui suis Indien.

 

Alors, tel une nouvelle Shéhérazade, je reprends mon conte où je l’avais abandonné. Je me retrouve transporté à nouveau cinq ans en arrière dans mon premier voyage en Inde…

Mes souvenirs défilent…

 

Je lui raconte ma Virée dans le Chettinad

 

Puis j’enchaîne sur Rameswaram.

De nombreux voyageurs m’avaient recommandé de ne pas manquer la visite de Rameswaram.

L’odeur ambiante infecte du poisson qui sèche au soleil

Si j’avais été maître de mon véhicule, j’aurais rebroussé chemin aussitôt, en dépit de tout ce que j’avais pu lire partout sur cette ville. La recherche d’un hôtel, escorté sans relâche par l’infect fumet de la poiscaille qui sèche au soleil et empeste l’atmosphère à des kilomètres à la ronde, s’avère une dure épreuve… Rajesh, qui commence à connaître mes goûts, affirme m’avoir conduit dans un des meilleurs hôtels sinon le meilleur de la ville. Je me demande ce que ça aurait été dans un autre.

J’ai une tourista épouvantable en arrivant. Je n’en peux plus de me retenir. Le hall de l’hôtel est envahi de mouches, et pour cause ! – Non, non, pas à cause de ma tourista mais du poisson -.

Une chambre répugnante

On m’attribue une chambre dégueulasse. Je ne peux utiliser un autre mot pour exprimer sa saleté. C’est à croire que les gens chient et s’essuient sur les murs après avoir déféqué tellement ils sont maculés de traces immondes. Lavabo infâme, W.C. répugnants. J’aperçois bien une douche, mais pas de robinet pour l’ouvrir ! Comme je proteste sur l’état de la chambre, on m’affirme qu’elle sera nettoyée très prochainement. Bonne nouvelle.

A part la serpillière qui est passée sur le carrelage, elle reste ignoble de saleté. J’exige que les draps soient changés. Le garçon d’étage, un vrai bouledogue, renâcle, mais il s’exécute. Eh bien, les nouveaux draps ne sont pas mieux ! Je lui indique d’un air dégoûté les innombrables taches maculant ces torchons. Il se contente de me répondre que ce n’est pas de la saleté.

– Ah bon ? C’est quoi alors ?

J’aurais dû éviter de demander la cause des taches. Il ricane d’un air complètement abruti en faisant un geste de va et vient avec sa main au-dessus de sa braguette.

Le con ! Il trouve ça drôle, lui. Moi pas. Ça me dégoûte encore plus et je hurle qu’il doit changer les draps.

Ils sont remplacés… par d’autres dans lesquels quelqu’un ou…quelques uns a (ont) dormi. Pas de taches de sperme cette fois, mais des cheveux ou… plutôt, une certaine sorte de poils frisés… dont j’identifie immédiatement l’origine… Mais où suis-je tombé ? Le meilleur hôtel de la ville ! Quelle rigolade ! Je suis écœuré. Heureusement, j’ai mon sac de couchage ! Quant aux serviettes de toilette, si elles avaient été lavées, elles l’avaient été avec l’eau de l’immonde bassin jouxtant l’hôtel ! Elles sont couvertes de traces abjectes elles aussi. Tout est immonde dans cette piaule. Et juste ce jour-là où j’ai une terrible tourista. Il faut bien que je m’en contente. Pas le temps de partir chercher une autre chambre à travers la ville. D’horribles mouches vertes – toujours et encore l’attrait du poisson à sécher – réussissent à pénétrer dans la chambre bien que j’en aie fermé toutes les issues. Je dégouline de transpiration, en colère, et terriblement déçu.

 

Le lendemain, ma tourista va mieux. Je ne me nourris que de riz à l’eau, sans rien d’autre, au grand désespoir du serveur du restaurant. Le seul qui soit sympathique. Je finis par lui expliquer la raison de cette sobre alimentation qui le déconcerte. Il est mort de rire mais comprend enfin mon régime de riz à l’eau.

Rameswaram, ville de poissons, ville de requins

La seule chose que j’aime enfin à Rameswaram, c’est son temple.

Soudain Matt m’interrompt dans mon récit :

– Tu sembles garder un mauvais souvenir de Rameswaram…

– Cette ville est vraiment sale, dégoûtante, elle pue. Certes le temple est magnifique, la plage des pèlerins spectaculaire, mais cette hystérie religieuse m’horripile. J’ai toujours beaucoup de mal avec les démonstrations de foi, non contrôlées, illimitées. Je n’aime plus comme autrefois le faste et la soi-disant ferveur des « Grands Messes » ostentatoires de mon enfance. Je préfère les cérémonies religieuses plus dépouillées, plus intimistes.

Rameswaram est aussi un rassemblement de gredins qui font un concours à qui se fera le plus d’argent sur le dos des pèlerins et des touristes. L’arnaque et la mauvaise foi sont en embuscade à chaque coin de rue. Les restaurateurs et les hôteliers sont infects, on se fait jeter de partout. Quant aux jolis coquillages à ramasser sur la plage, comme on me l’avait dit – « les locaux ne les ramassent pas » -, désormais ils le font pour les vendre aux touristes, Occidentaux comme Indiens. Ces derniers se montrent complètement frénétiques avec ces coquillages ! Mais la plupart sont abîmés, tronqués à leur extrémité, parce que ce qui intéresse, les pèlerins et touristes indiens, ce n’est pas l’esthétique du coquillage, mais le son – très désagréable – qui en sort lorsque l’on souffle dedans.

Sous mes yeux, je vois un marchand en saccager plusieurs, magnifiques et intacts, à coups de tournevis et de marteau, pour les vendre à des Indiennes qui se plaignent de ne pouvoir souffler à l’intérieur.

Comme tu peux le constater, sous l’effet de la colère et du mal-être tout fut dramatisé, tout me parut raté, moche, nul… Et cependant, j’ai quand même adoré me promener loin, très loin, le long de la plage sans fin, vers Danishkodi. Je suis revenu à la fin du jour, profitant de la lumière dorée qui tombait sur les pauvres cabanes des pêcheurs et leurs barques si photogéniques que je ne savais vers où diriger mon objectif. J’ai même pu admirer un coucher de soleil époustouflant de teintes bleu, rose, violet, parme, rouge, orange…

 

– Mais continue ton récit, je t’ai interrompu…

– La seule chose que j’ai aimée à Rameswaram, c’est son temple…

Une malencontreuse épine de chardon

Il règne une grande effervescence, une grande confusion, un véritable chaos dans les rues. Les pèlerins, si nombreux ici, se montrent particulièrement excités et hystériques. Mais le summum est atteint à l’intérieur du temple.

La visite du sanctuaire me comble par la délicatesse de ses arches sculptées et de ses tons de bleus pastel s’alliant à des plafonds étourdissants de couleurs.

Ah si, une petite peur quand même ! Au beau milieu de ma visite, pieds nus bien sûr, circulant dans une saleté indescriptible, salmigondis de poussière, d’ordures en tous genre, d’urine et d’excréments d’animaux, d’eau plus que douteuse en provenance des bassins d’ablutions, je marche sur une espèce de chardon sec, dont la vigoureuse épine s’enfonce profondément dans mon pied. Moi, pourtant si prévoyant, je ne trouve rien dans mon sac pour désinfecter aussitôt, car la plaie saigne suffisamment pour m’inquiéter. Porte ouverte aux bactéries de toutes sortes. Je nettoie du mieux que je peux avec des mouchoirs à jeter…

Une personne sensée se serait précipitée à son hôtel pour désinfecter la plaie. Je ne suis pas sensé. Je n’interromps pas ma visite pour autant, subjugué que je suis par la magnificence de l’interminable fuselage des galeries voûtées. Je continue à progresser tranquillement, à un rythme plus accéléré peut-être en m’appuyant le plus possible sur mon talon pour épargner la zone blessée.

Les sandales disparues

A la sortie, mes sandales, que j’avais soigneusement dissimulées dans une cachette que je pensais sûre, afin de ne pas les retrouver parmi des milliers d’autres, souillées de boue, de poussière et d’excréments divers, ont disparu ! Avec mon pied éclopé je m’inquiète de devoir rentrer pieds nus à l’hôtel, parcourant les rues poussiéreuses, boueuses, parsemées de flaques d’eau sale et de bouses de vaches.

Soudain, j’aperçois une de mes sandales émergeant d’un monticule de savates abominablement sales. Comment est-ce possible ? Et pourquoi une seule ? Un unijambiste a dû trouver son bonheur. – les estropiés et mendiants ne manquent pas ici -. Une des miennes lui suffisait. A tout hasard, je cherche quand même. Je trifouille, plutôt dégoûté, au milieu de ces tas de godasses dégueulasses, et je finis par récupérer l’orpheline, ravie de retrouver sa jumelle à mes pieds.

– C’est une chose qui arrive fréquemment dans les temples et les lieux de pèlerinage très fréquentés.

– C’est tout à fait ça, Matt. Je parierais que c’est encore un de ces dévots zélés qui a dû trouver qu’elles ne convenaient pas à l’endroit où je les avais cachées et qui les a jetées parmi les autres…

Arrivé à l’hôtel je m’empresse de laver pieds et sandales et de les désinfecter minutieusement. Et le soir même, je trotte à nouveau comme un lapin.

Un dieu descendu du ciel

Alors que je ressasse toute ma rancœur, j’ai soudain une apparition angélique en pleine rue. Je me trouve en face d’un dieu descendu du ciel. On dirait le Christ, tel qu’il est représenté dans l’iconographie chrétienne du XIXème siècle. Un christ noir, Indien. Un visage d’une pureté et d’une douceur incroyables, entouré d’une longue chevelure noire bouclée, resplendissant dans sa tunique rouge vif, étincelante de propreté. Une démarche royale ! Le jeune homme est beau, beau, mais vraiment beau comme un dieu. Je le contemple d’ailleurs comme si je voyais le Bon Dieu. Nos regards se croisent longuement. Le sien m’atteint jusqu’au fond de moi-même. Au point que j’en reste pétrifié, tandis que lui poursuit son chemin, impassible, impavide. Je n’ose pas lui adresser la parole, ni lui demander d’où il vient pourtant je sens que son regard transperçant m’y invite…

– Rien n’est jamais totalement négatif, conclut Matt.

– C’est une expérience dont je ne me plains pas, Rameswaram fera partie des surprises du voyage.

 

Aujourd’hui encore, au moment où j’écris ces lignes, je revois l’image de cette apparition, bien charnelle et je m’en veux de ne pas avoir couru derrière lui pour lui demander qui il était, d’où il venait. Je repense seulement à ce passage de l’air des clochettes de Lakmé :

L’étranger la regarde, elle reste éblouie.

Il est plus beau que les Rajahs

(…)

Mais lui, l’endormant dans un rêve,

Jusque dans le ciel il l’enlève

En lui disant : ta place est là !

C’était Vishnou, fils de Brahma…

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